Manifestation d’agriculteurs à Bruxelles avec tracteurs, feux et police, protestant contre les taxes et l’accord Mercosur, avec une vache dans un camion et l’Eiffel Tower en arrière-plan

Révolte paysanne en Europe : des agriculteurs en guerre contre taxes et accords commerciaux

Des milliers d’agriculteurs européens ont convergé vers Bruxelles en décembre 2025 pour exprimer une colère profonde contre les orientations prises par l'Union européenne en matière agricole et commerciale. La journée a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre, alors que des tracteurs bloquaient les avenues autour du Parlement européen, que des feux étaient allumés et que la police a répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour contenir les manifestants. Parmi les revendications figuraient le rejet de l’accord de libre‑échange UE‑Mercosur jugé destructeur pour la production européenne, ainsi que des critiques sur la Politique agricole commune jugée trop restrictive et coûteuse pour les petites exploitations.

Cette mobilisation s’inscrit dans une série de protestations paysannes qui ont secoué de nombreux pays européens depuis plusieurs années, alimentées par des taxes perçues comme injustes, l’augmentation des coûts de production et les effets de la guerre en Ukraine sur les marchés agricoles. En France, des blocages avaient déjà eu lieu sur les grandes routes autour de Paris où des tracteurs avaient encerclé la capitale pour dénoncer des politiques jugées insoutenables. Des mouvements similaires en Allemagne, en Pologne ou en République tchèque ont également mis en lumière l’ampleur du mécontentement rural.

À Bruxelles, les tensions ont atteint un point culminant lorsque les agriculteurs ont attaqué des symboles du pouvoir européen avec des projectiles agricoles, entraînant des dégâts matériels et des confrontations directes avec la police. Cette « goutte d’eau » qui fait déborder le vase a été exacerbée par la perspective d’un pacte commercial de 25 ans avec le Mercosur, que les paysans redoutent comme une menace directe à leur capacité de vivre de leur travail face à des produits importés moins chers et soumis à des normes différentes.

En parallèle à ces mobilisations frontales, les agriculteurs protestent contre la réduction des subventions, des charges administratives qui alourdissent un métier déjà extrêmement complexe, et la pression environnementale croissante intégrée dans les politiques agricoles européennes. Dans des capitales comme Dublin ou Paris, des actions de protestation avaient déjà eu lieu plus tôt en 2025 autour du financement de la PAC et de l’avenir du soutien économique aux fermes familiales.

Le mouvement paysan gagne en coordination transnationale, comme l’illustre le fait que des syndicats agricoles de plus de 22 millions d’adhérents ont organisé des actions coordonnées sur plusieurs semaines autour des sommets européens les plus importants. Cette convergence traduit une perception partagée que ceux qui nourrissent l’Europe sont laissés pour compte dans les négociations politiques qui façonnent l’économie agricole du continent.

Cependant, ces troubles ont aussi provoqué des réactions politiques, avec des dirigeants européens repoussant temporairement la signature de l’accord Mercosur et des annonces de dérogations ou d’ajustements dans les normes environnementales pour apaiser les tensions. Cela montre combien l’agriculture européenne, à la croisée des enjeux économiques, sociaux et géopolitiques, est devenue un baromètre de fracture entre les campagnes et les centres de décision.

Pourquoi c’est important : L’agriculture européenne est au cœur d’une crise profonde, car la pression fiscale, les politiques commerciales et les normes bureaucratiques menacent la viabilité d’un secteur essentiel à la sécurité alimentaire et à l’économie rurale du continent.