
Nous sommes en 1970. Jean, cadre moyen dans une entreprise industrielle française, a quarante ans. Depuis quelques années, il sent que quelque chose se fissure. Les Trente Glorieuses ont apporté le confort, l’emploi stable et la consommation de masse, mais l’élan semble s’essouffler. Les grèves de Mai 68 sont encore fraîches dans les mémoires, l’autorité vacille, et l’idée d’un avenir toujours plus prospère n’est plus aussi évidente qu’avant.
Sur le plan économique, la situation se tend. La croissance ralentit, l’inflation commence à inquiéter, et la dépendance énergétique de l’Europe devient un sujet central. Personne ne parle encore officiellement de « choc pétrolier », mais les tensions au Moyen-Orient et la montée en puissance de l’OPEP laissent présager des bouleversements majeurs. Le plein emploi n’est plus garanti, et Jean se demande si son niveau de vie progressera autant que celui de ses parents.
Du côté de l’épargne, l’or reste un pilier de stabilité. En 1970, l’once est officiellement fixée autour de 35 dollars dans le cadre du système de Bretton Woods, mais les marchés parallèles montrent déjà des tensions. Les banques centrales accumulent le métal, tandis que certains investisseurs avertis anticipent une remise en cause du dollar. Les mouvements récents sur l’or traduisent une méfiance croissante vis-à-vis des monnaies papier, un signal faible mais révélateur.
La situation politique mondiale renforce ce climat d’incertitude. La guerre du Vietnam s’enlise, la rivalité entre les États-Unis et l’URSS structure l’ordre mondial, et les pays européens tentent d’exister entre deux blocs. En France, Georges Pompidou cherche à restaurer la stabilité après les secousses sociales, mais le doute s’installe : le modèle économique d’après-guerre est-il encore viable à long terme ?
Jean n’imagine pas encore la rupture de 1971, lorsque les États-Unis mettront fin à la convertibilité du dollar en or, ni l’explosion des prix de l’énergie en 1973. Pourtant, les signes sont là. Il espère une continuité, une adaptation progressive, mais sent confusément que la décennie à venir sera marquée par des renoncements, une inflation durable et la fin des certitudes économiques.
Avec le recul, cette période résonne fortement avec les inquiétudes actuelles. Comme aujourd’hui, les signaux étaient diffus, les discours rassurants, mais les fondations du système étaient déjà fragilisées. L’histoire montre que les grandes ruptures économiques ne surgissent jamais sans avertissement, et que l’or, une fois encore, occupait une place centrale dans les réflexes de protection patrimoniale.
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