
Alors que l’or continue d’attirer les investisseurs et les banques centrales, la question de sa conservation prend une nouvelle importance. En 2026, 89 % des gestionnaires de réserves interrogés par le World Gold Council anticipent une hausse des réserves mondiales d’or des banques centrales au cours des douze prochains mois. Dans ce contexte, posséder de l’or ne constitue plus seulement une décision d’investissement : le lieu où il est conservé, sa disponibilité et la sécurité de son stockage deviennent également des sujets stratégiques.
La Suisse illustre particulièrement bien cette évolution. La Banque nationale suisse détient 1 040 tonnes d’or, un volume inchangé depuis fin 2008. Environ 70 % sont conservés en Suisse, 20 % auprès de la Bank of England et 10 % auprès de la Bank of Canada. Selon la BNS, cette répartition géographique vise notamment à garantir l’accès aux réserves même en cas de crise. Cette logique de diversification du stockage gagne aujourd’hui en importance dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes financières.
À Genève, cette culture de la conservation sécurisée s’inscrit dans un écosystème patrimonial ancien, renforcé par la présence d’une importante place financière et d’infrastructures spécialisées dans le stockage de biens de valeur. La demande ne concerne d’ailleurs pas uniquement les métaux précieux : œuvres d’art, montres, documents et autres actifs physiques font également l’objet de solutions de conservation hautement sécurisées. Pour les détenteurs d’or, le coffre-fort permet ainsi de dissocier la détention physique d’un actif de son exposition aux risques liés au stockage à domicile.
Le phénomène dépasse désormais largement le simple cadre bancaire. En août 2026, SWI swissinfo.ch a rapporté la construction d’un vaste complexe de coffres souterrains dans le canton d’Obwald, destiné notamment au stockage de métaux précieux et d’autres biens de grande valeur. Le projet illustre une tendance plus large : face aux incertitudes géopolitiques, certains détenteurs de patrimoine recherchent des infrastructures offrant une protection physique renforcée, une séparation des actifs et une confidentialité accrue.
Cette évolution intervient alors que le marché de l’or reste particulièrement dynamique. Au deuxième trimestre 2026, la demande mondiale d’or a atteint 1 269 tonnes, tandis que sa valeur a atteint un niveau record de 380 milliards de dollars sur le premier semestre. Le World Gold Council estime par ailleurs que les investissements devraient rester le principal moteur de la demande durant la seconde moitié de l’année. Pour les investisseurs qui choisissent l’or physique, la conservation devient donc une composante à part entière de la stratégie patrimoniale : sécurité, accessibilité et diversification géographique peuvent compter autant que le choix de l’actif lui-même.
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