
Le monde connaît aujourd’hui un niveau record de conflits armés actifs. Environ 130 conflits étaient recensés récemment, soit près du double d’il y a quinze ans, et près de 42 pays sont actuellement engagés dans une guerre ou une crise armée, représentant presque la moitié de la population mondiale. Ces conflits incluent des guerres interétatiques, civiles, insurrections et violences de groupes armés souvent ignorées par les médias internationaux, malgré plus de 240 000 morts liés aux violences politiques sur une seule année. Ukraine, Gaza, Soudan ou Myanmar dominent l’actualité, mais la majorité des conflits actifs se déroule hors des radars médiatiques.
En Europe et au Moyen-Orient, la guerre Russie-Ukraine dure depuis 2022 autour de l’expansion de l’OTAN, du contrôle territorial et des enjeux énergétiques. Le conflit Israël-Gaza, intensifié depuis octobre 2023, s’inscrit dans une rivalité territoriale historique et une lutte asymétrique avec des implications régionales. La Syrie reste fragmentée depuis 2011 entre forces gouvernementales, groupes rebelles et puissances étrangères. Le Yémen, en guerre depuis 2014, oppose coalition régionale et rebelles houthis sur fond d’influence iranienne et saoudienne. L’Irak continue de connaître des violences résiduelles liées à milices et tensions communautaires.
En Afrique, plusieurs conflits majeurs persistent. Le Soudan est en guerre depuis avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide, provoquant l’une des plus grandes crises humanitaires mondiales. L’Éthiopie reste instable depuis 2020 avec tensions au Tigré et dans d’autres régions. La République démocratique du Congo connaît depuis plus de vingt ans une guerre liée aux minerais stratégiques et groupes armés régionaux. Le Sahel regroupe plusieurs conflits simultanés au Mali, Burkina Faso et Niger depuis 2012 autour du terrorisme et du contrôle territorial. La Somalie reste en guerre contre Al-Shabaab depuis 2006, tandis que le Soudan du Sud connaît une instabilité chronique depuis 2013.
En Asie, la guerre civile au Myanmar dure depuis le coup d’État militaire de 2021, avec plus d’un millier de groupes armés impliqués. L’Afghanistan reste instable depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, avec tensions internes et terrorisme. Le Pakistan subit des insurrections régionales et tensions frontalières récurrentes avec l’Inde autour du Cachemire, conflit remontant à 1947. L’Inde connaît aussi des violences internes maoïstes depuis les années 1960. Aux Philippines, l’insurrection dans le sud se poursuit depuis les années 1970, tandis que la Thaïlande fait face à une rébellion dans le sud depuis 2004.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, plusieurs crises atteignent une intensité comparable à une guerre. Haïti plonge dans une violence armée massive depuis 2021 avec contrôle territorial de gangs. Le Mexique subit une guerre des cartels depuis 2006. La Colombie connaît des conflits persistants malgré l’accord de paix de 2016. L’Équateur et le Brésil font face à une montée des violences armées liées au narcotrafic. En parallèle, le Venezuela reste instable politiquement et militairement depuis 2014, avec tensions internes et régionales.
Ces conflits ont des causes récurrentes : contrôle de ressources naturelles, rivalités géopolitiques, fragmentation étatique, tensions ethniques ou religieuses, pauvreté et compétition pour l’influence régionale. Les guerres dites “sans headlines” représentent aujourd’hui la majorité des crises armées, souvent prolongées sur des décennies, certaines durant plus de vingt ans. Elles redessinent les flux migratoires, perturbent l’énergie, les matières premières et les chaînes d’approvisionnement mondiales, tout en pesant directement sur l’inflation, les marchés financiers et la stabilité économique globale.
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